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Souvenirs d'enfance

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MessageSujet: Souvenirs d'enfance Mar 13 Nov - 20:29

Encore une fois, je n'étais assigné à aucune mission. Les requêtes étaient peu nombreuses ces derniers temps, et notre travail s'en ressentait. Profitant d'un "jour de repos" je m'étais absenté à l'aube pour retrouver avec Sidka et Denaï le calme de la forêt. Depuis toujours, j'arpentais avec eux les moindres sentiers, les moindres cours d'eau et les moindre clairières. Je la connaissais sur le bout des doigts, et mes deux compagnons tout autant. Kinaï nous suivait d'en haut, mais je savais qu'il ne tarderait pas à me faire entendre un croassement rauque pour me prévenir qu'il avait trouvé de quoi se nourrir et nous rejoindrait plus tard.
Après m'être arrêté un instant, je donnais le signal à mes loups qu'ils pouvaient aussi partir chasser. Ils n'étaient pas de simples chiens de compagnie, ils restaient des prédateurs malgré notre lien et je ne pouvais me permettre de les nourrir aux croquettes ou au bifteck. Ils avaient besoin de poursuivre leur proie, de la traquer et la tuer pour ensuite la dépasser eux-mêmes. Ils restaient de vrais loups sauvages, quelque soit la puissance de notre attachement les uns aux autres.
Je me retrouvais donc seul, même si je savais qu'ils ne seraient pas longs et que très vite mes deux amis seraient de nouveau tapis dans l'ombre pour me protéger en cas de besoin.
Silencieux, je laissais mon armure désactivée pour profiter de ma propre solitude. Un long moment, j'écoutais simplement les sons que m'offrait la forêt et je me taisais, immobile, assis sur une souche d'arbre mort. Je me remémorais mon enfance et tout ce que j'avais vécu, dans le grand calme de la forêt, seul endroit où je me sentais vraiment à ma place.
Mais ma tranquillité fut de courte durée. Un bruissement de feuilles m'indiqua la présence d'un étranger. Ce n'étaient pas mes loups, qui auraient été bien plus discrets. Et ce n'était pas Kinaï, qui serait venu se poser directement sur mon épaule.
De mon regard profond, j'arpentais les alentour, toujours aussi silencieux et immobile.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Mer 6 Fév - 21:23

Vénia frémit sur sa peau. Aelys releva les yeux mais ne vit rien. Pourtant une Armure ne remue jamais pour rien. Roméo renâcla bruyamment et c'est alors qu'un long hurlement arrivajusqu'à eux. C'était un loup, peut être plusieurs. Aelys tendit la main vers l'encolure de l'étalon:
- C'est bon Roméo. On s'en va.
Mais quand Aelys se retourna elle vit les deux loups qui bloquaient le passage. Roméo piaffa de plus belle et Aelys dégaina son épée prête à réagir si les animaux attaquaient. Pourtant elle trouva la situation étrange: les loups ne s'approchant pas des hommes à l'ordinaire.
Les deux loups la fixaient toujours quand elle constata qu'une personne s'approchait. Elle allait crier qu'il fallait faire attention quand cette même personne se mit entre les deux bêtes et leur parla tendrement.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Ven 8 Fév - 9:45

Je l'avais entendue depuis longtemps, grâce à mon ouïe supérieure à la normale. Ben oui, y'a bien des avantages à vivre en forêt et très peu en ville. Le bruit ne rend pas sourd, et on comprend bien mieux la véritable beauté sauvage de la forêt et de ses habitants.
Elle était entrée dans la forêt depuis un petit moment, accompagnée d’un cheval lourd et sans aucun doute puissant. Probablement un cheval de guerre. Peut-être était-elle une Armure ? Je n’avais pas encore eu le plaisir d’en rencontrer, quels qu’ils soient.
J’entendis finalement, le hurlement de mes compagnons en chasse. Le renâclement du cheval me mit immédiatement la puce à l’oreille, mes loups avaient trouvé leur cible. Cependant, si une humaine était avec l’animal, elle le protégerait sans doute des prédateurs. Et pour rien au monde, je n’aurais laissé mourir mes seuls amis.
Je m’étais donc levé lentement et m’étais tranquillement mis en marche. Mes loups ne sont pas stupides. Ils n’attaqueraient pas une proie entourée d’humains, même si le bipède est seul. Ils connaissent la folie de mon espèce, et savent que rares sont ceux comme moi, qui connaissent la valeur de la vie quelle qu’elle soit.
Je m’étais ensuite mis à trotter doucement, comme si je faisais mon footing. Je ne voulais pas me précipiter, mais je ne voulais pas non plus me faire attendre, risquant ainsi la vie de mes compagnons.
J’entendis Kinaï qui volait au dessus des arbres et me suivait. Son croassement rauque m’indiqua qu’ils n’étaient plus très loin, mais je le savais déjà. Enfin, je m’arrêtais. A quelques mètres d’eux tous, sans qu’aucun ne me remarque. Je vis parfaitement les oreilles de Sidka et Denaï s’incliner vers l’arrière, ils m’avaient repéré. Le cheval dressa les oreilles une seconde mais m’ignora bien vite pour reporter son attention sur ses potentiels tueurs. Il était réellement fort. Sans aucun doute était-ce un mâle.
Je m’approchais d’un pas lent, assuré et calme. Je remarquais vite la bouche de l’humaine qui s’entrouvrait, et je devinais qu’elle s’apprêtait à me mettre en garde contre les monstres qui se tenaient entre nous. Un rictus méfiant et méprisant s’afficha discrètement sur mon visage, mais je me doutais qu’elle le repèrerait rapidement. Les grondements de mes loups ne cessaient pas contre le cheval, et tous deux tentaient de trouver une approche qui leur garantirait la vie sauve et la nourriture.
Ma voix grave et chantante retentit doucement et je m’accroupissais entre mes deux amis avant de tendre le regard vers le cheval.

- Je vois que votre proie, n’est pas la plus facile.

Un regard sur mes deux loups leur fit cesser toute attitude agressive et chacun me retourna le regard, se léchant les babines de mécontentement.
Kinaï jouant la commère, vint se poser en un puissant croassement, sur mon épaule. Il tourna des yeux mauvais sur l’humaine et son compagnon puis lança un cri plein de mises en gardes et de menaces. Encore une fois, le timbre calme et doux de ma voix, l’apaisa.

- Ca suffit, mon ami.

Il me donna l’un de ses regards de reproches et se tut, résigné. Enfin, je relevais la tête vers l’humaine et la détaillais sans discrétion. Mon air agacé ne la laissa pas indifférente et mes loups grognèrent doucement, la mettant en garde. D’un noble geste de la main, je stoppais leurs agissements et ils se turent sans conditions. Sans quitter des yeux l’humaine, je devinais qu’elle n’était pas ordinaire. Comme moi, elle était une Armure, et je sentais dans la carapace d’acier, que leur synergie était des meilleures.
N’ayant moi-même pas Tolkien sur moi, elle ne pouvait savoir qui j’étais ni ce que j’étais. Je gardais le silence longtemps, attendant de voir jusqu’où irait sa patience qui semblait cependant d’un remarquable niveau. Mes loups se mirent finalement à piaffer, impatients que je lance l’attaque. Mes mains se posèrent chacune sur la tête de l’un et de l’autre et leur apaisement fut immédiat. Kinaï quand à lui, s’envola d’un puissant battement d’ailes et partit se poser sur une branche basse, derrière les deux inconnus.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Ven 8 Fév - 21:39

Le jeune homme, car s'en était un, lança d'une voix rauque:
- Je vois que votre proie, n’est pas la plus facile.
Aelys remarqua tout de suite le ton hautain que prenait l'inconnu et son regard se fit aussitôt plus dur. La "proie" comme il l'appelait était Roméo, son cheval, ami, confident et seul être en qui elle avait confiance. Si ces loups tentaient n'importe quoi, et même si Aelys les respectât, elle les tuerai sans hésitation.
Un corbeau aux yeux vifs et intelligents vint se poser sur l'épaule de l'homme et regarda calmement Aelys. L'Armure lui rendit ce regard, dans un échange muet et pourtant intense. Mais la voix grave interrompit le contact:
- Ca suffit, mon ami.
Aussitôt l'oiseau tourna les yeux et fixa son propriétaire d'un air fâché. Celui-ci se leva lentement et, sans aucune gêne, détailla Aelys de la tête aux pieds. L'Armure, qui finit par faire de même, constata après quelques courtes observations de curieux détails. L'homme semblait non seulement avoir un lien très particulier avec les animaux mais était lui-même assez étrange. Il émanait de lui de la force, un certain raffinement mais aussi une arrogance qui agaçait fortement Aelys.
Quand enfin il eut fini l'étude entière d'Aelys il releva les yeux et fixa l'Armure dans un air de défi. La jeune fille, à l'aise dans ce genre de jeu, lui signifia par un sourire dédaigneux que la compétition serait rude. Bien décidée à ne pas céder la première, elle attendit. Le temps passa. Roméo, qui semblait avoir envie de jouer lui aussi, avait tout de suite compris. Aussi, fit-il la statue.
Les premiers à s'impatienter furent les deux loups qui grognèrent. L'étalon dressa les oreilles et propulsa un puissant son, de ses naseaux, à leur encontre. L'inconnu, mystérieux, les apaisa d'un seul geste. Aelys tendit elle aussi la main vers Roméo tout en défiant l'autre du regard.
C'était un jeu de gestes, de regards et de démonstration de puissance. Sans s'en rendre compte, les deux personnes se prêtaient à un jeu audacieux. Chacun lançait des regards lourds de sens à l'autre qui faisait de même. Cela aurait pu durer des heures mais Aelys ayant grande maîtrise des coups auxquels on ne s'attend pas, mit pieds à terre. Sans laisser le temps aux inconnus de réagir, elle prit les rênes de Roméo fermement et s'approcha de l'homme. Une seconde avant de l'atteindre, un geste le trahit. Il porta sa main à sa gauche, pour saisir une épée. Or, seules les Armures et brigands portent leur épée à gauche. Cet homme n'ayant pas du tout l'air d'un brigand, Aelys en conclut qu'elle se trouvait face à une Armure.
- Faites un peu attention, lança Aelys nonchalamment. J'aime les animaux mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Vos loups auraient pu y rester.
Un sourire quelque peu sadique apparut sur les lèvres d'Aelys, satisfaite. "Egalité" se dit-elle.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Sam 9 Fév - 10:38

Je me rendis compte trop tard de mon erreur. Alors qu’elle s’était dangereusement approchée de moi, j’avais porté ma main à mon épée, que je n’avais justement pas ce jour-là. A son sourire je compris, qu’elle avait deviné ce que j’étais. Finalement elle se stoppa et me lança des mises en garde que je rejetais sans gêne d’une moue agacée. Je me mis à la toiser sans considérations. Le timbre chantant de ma voix fit de nouveau vibrer délicieusement la nature alentour.

- Ce n’est pas à moi, de faire attention. Mes loups savent chasser, et sont habitués. Ils n’attaqueraient pas un cheval harnaché, preuve de son appartenance humaine.

Comme en réponse à mes paroles, Sidka s’avança vers l’humaine et claqua des mâchoires après un grondement rauque.

- S’ils avaient voulu tuer votre ami, vous n’auriez rien pu faire.

- Ces trois-là, ne vous auraient pas laissé le choix.


Ma main droite partit doucement en avant, et le mouvement de l’air autour d’elle informa Sidka de mon geste. Son oreille gauche s’orienta dans ma direction mais je savais que de son beau regard ambré, il fixait l’inconnue.
Finalement, il se résigna à revenir à mes côtés dans le silence de la forêt. L’étalon n’avait pas bougé une seule seconde et je voyais bien, dans cette attitude contraire à sa nature de proie, qu’il avait une confiance totale en son humaine.
Un animal ne donne pas sa confiance à n’importe qui. Encore moins ceux qui sont la cible des prédateurs les plus dangereux sur Terre. Si ce cheval vouait un tel sentiment à l’égard de cette humaine, cela signifiait forcément qu’elle était quelqu’un de bien.
Je m’avançais d’un pas et mes loups ne bougèrent pas, guettant mes mouvements et mes sentiments sans le laisser paraitre.

- Je dois avouer qu’il m’est rare de rencontrer des humains aussi patients que vous. Je suis Valinor, fils de Galadriel et Melkor.

Je ne lui tendis pas la main. Mon bras droit vint se coller à mon torse et je plaçais le gauche dans mon dos, avant de d’incliner ma tête vers l’avant en clignant respectueusement des yeux, et je me doutais alors de sa surprise, lorsque mon buste s’inclina pour la saluer noblement.
Puis je me redressais, attendant qu’elle se présente à son tour. Je plongeais mon regard dans le sien, cherchant à dénicher quelque qu’information qu’elle me donnerait sans le savoir.
L’observation est maitresse de sûreté. C’est en détaillant ses ennemis au plus profond d’eux-mêmes, que l’on sait où se trouvent nos véritables alliés.
Alliés, oui. Pas amis. Je n’ai pour seuls amis, Sidka, Denaï et Kinaï. Et si je rencontrais un jour, un humain digne de cette amitié, je le chasserais immédiatement. Il est trop dangereux pour cette espèce naïve et futile, de s’allier à moi. Depuis mon enfance, jamais je n’ai cherché à avoir des amis. Tout ce que je voulais pour ceux que j’aimais, c’était la protection contre mon père. Et quoi de mieux pour protéger ses amis, que de ne pas en avoir ?
Mon géniteur ne m’en avait jamais laissé l’occasion, de toute façon. Lorsqu’il n’était pas occupé à passer ses nerfs sur ma mère, ou à tuer les habitants légitimes de la forêt, il s’occupait de mon cas avec toute la passion que je pourrais moi-même éprouver envers mes compagnons de route.
Une cicatrice sur mon avant-bras, témoignait d’une ridicule, minuscule part de tout ce que j’avais vécu sous les poings de mon père, était parfaitement cachée par mes tuniques et je veillais toujours à ce que personne ne la remarque..
Ma mère, quant à elle souffrait bien trop de ses coups pour que j’ose lui en parler et lui demander de l’arrêter. Ma seule pensée, lorsque mon géniteur me rouait de coups, allait à ma mère. Et un sourire invisible parcourait toujours mon visage, car je me réjouissais de tous ces coups qu’il me donnait, et que donc ma mère ne recevait pas. Quoi de mieux pour un gamin protecteur, complètement accroc à sa mère et impuissant contre son père, que d’être pris pour cible à la place de l’être aimé ? J’aurais aimé, le jour où ce monstre a volé la vie de ma mère ; j’aurais aimé être plus courageux, et m’être jeté sur lui pour mourir. J’aurais aimé donné ma vie pour celle de ma douce maman, qui jamais n’avait mérité pareil traitement.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Sam 9 Fév - 15:34

Conscient d'avoir eu un temps de retard, l'homme eut un rictus assez inquiétant. Mais, se reprenant très vite, il continua de sa voix envoûtante:
- Ce n’est pas à moi, de faire attention. Mes loups savent chasser, et sont habitués. Ils n’attaqueraient pas un cheval harnaché, preuve de son appartenance humaine.
Le loup s'avança et grogna sur Aelys qui ne baissa même pas les yeux.
- S’ils avaient voulu tuer votre ami, vous n’auriez rien pu faire. Ces trois-là, ne vous auraient pas laissé le choix.
Un sourire étira les lèvres d'Aelys. Une Armure est l'être le plus puissant au monde, deux loups ne représentaient même pas un obstacle, à peine seraient-ils un insecte qu'il faut écraser. Pourtant cette scène était belle. La confiance que portait cet individu à ces loups et la fierté avec laquelle il parlait d'eux étaient plus que touchantes.
- Je dois avouer qu’il m’est rare de rencontrer des humains aussi patients que vous. Je suis Valinor, fils de Galadriel et Melkor.
Valinor s'inclina devant la jeune femme, d'une manière très élégante. Et en se redressant, il regarda Aelys dans les yeux. Il lui signifia ainsi que c'était à elle de se présenter.
- Je m'appelle Aelys. Et voici Roméo, mon étalon.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Lun 11 Fév - 17:41

En plus de se présenter elle, Aelys me donna le nom de son étalon, et j’en concluais qu’elle souhaitait particulièrement marquer le fait qu’il n’était pas un simple cheval, une simple proie.
Mes loups grondèrent dans sa direction, pour une raison que j’ignorais. Kinaï revint sur mon épaule et son œil droit me scruta un long moment. Je le vis entrouvrir son bec mais le coupais d’un geste de la main.

- N’essaie même pas.

Le ciel, en cette magnifique après-midi, me renvoya dans le passé à l’époque où ma douce mère était encore parmi nous. Et durant un instant, une seconde, j’étais avec elle, à ses côtés. Elle était là et je ne la quittais plus, Melkor mort et nous en vie. Plus aucun danger rodant alentour, plus de crainte à avoir et j’apprenais, réellement, ce que pouvait être l’amitié.
Retenant mon regard rivé à celui de Kinaï, je réfléchissais à ce qu’il voulait me faire comprendre. Il était rare qu’il croasse pour me faire part de ses pensées, aussi jugeais-je la situation importante. Que pouvait-il se passer pour qu’il s’alarme ? J’analysais la situation et me repassais les dernières minutes dans ma tête, pour trouver ce que j’avais manqué d’assez important pour que Kinaï vienne m’en informer. Aelys était descendue de cheval et s’était avancée, puis elle s’était présentée ainsi que son compagnon. Je compris alors. Je donnais un regard complice et amusé à Kinaï puis le chassais gentiment de mon épaule en le poussant de ma main droite.
Il s’envola bouder non loin, sur sa branche derrière la jeune fille.

- Mon ami ici présent, m’en veux de ne pas les avoir présentés. Alors voici Sidka et Denaï, et le boudeur derrière porte le nom de Kinaï.

Un sourire aurait pu se lire sur mon visage, mais je n’étais pas quelqu’un d’un naturel jovial. Mon air sérieux et agacé gardait sa place et je dévisageais la jeune fille, sans ajouter un seul mot.
Après un long moment durant lequel nous combattîmes par la patience et le silence, je vis du coin de l’œil Sidka, s’approcher du cheval à pas de loup. Sa truffe en avant, je percevais les souffles qu’il poussait en reniflant l’animal.
Aelys sembla se méfier immédiatement et porta la main à son épée, sans pour autant la dégainer. Automatiquement, Denaï prit une attitude protectrice et gronda doucement, observant sans bouger son frère et l’humaine.
Je me souvenais pour ma part, de leur première rencontre avec un humain différent de moi. Je les avais regardés tout du long, ne voulant et ne pouvant pas intervenir. C’était Denaï, qui s’était alors montré le plus curieux. Sidka avait eu ce jour-là, la même attitude distante que Denaï possédait aujourd’hui. Malheureusement, cette rencontre avait été un échec et Denaï avait écopé suite à cela, de six semaines d’immobilisation suite à une mauvaise blessure à l’épaule gauche. L’humain en question, dont j’ignore encore tout aujourd’hui, lui avait flanqué un sérieux coup de masse qui lui avait entamé l’épaule et laissé la chair à vif. Depuis, Denaï était devenu le plus distant des deux, et Sidka prenait toujours les devants lorsqu’il y avait une rencontre à faire.
Aujourd’hui encore, il avait pris cette initiative pendant que Denaï gardait un œil sur la jeune fille et l’étalon.
Pour ma part, je restais volontairement en retrait pour deux raisons. La première, mes loups n’étaient pas des chiens, et je ne leur donnais mon aide que lorsque la situation l’exigeait au plus haut point. Je tenais à ce qu’ils gardent leur autonomie naturelle. Je ne voulais pour rien au monde qu’ils deviennent dépendants de moi, au cas où un jour, je ne sois plus là pour eux. La seconde, j’étais curieux de savoir comment cette gosse allait réagir à une attitude animale naturelle. Interpréterait-elle bien ou non, les gestes et attitudes de Sidka ?
De toute façon il ne risquait rien, si elle esquissait le moindre mouvement négatif, j’interviendrais. Mais elle ne sembla pas prendre une posture agressive et je m’en réjouissais les premières secondes, content de constater que peut-être, je n’étais pas le seul sur Terre qui s’était intéressé toute son enfance à observer les êtres vivants dans la nature pour les comprendre réellement et pas simplement savoir comment et quand les utiliser pour son propre compte.
Peut-être, existait-il en réalité, d’autres humains qui souhaitaient autre chose que détruire leur monde et les espèces qui ne se soumettent pas à eux.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Lun 11 Fév - 19:58

- Mon ami ici présent, m’en veux de ne pas les avoir présentés. Alors voici Sidka et Denaï, et le boudeur derrière porte le nom de Kinaï.
Ces animaux appartenaient donc bien à Valinor. Peut-être les avait-il recueilli quand ils étaient jeunes. Car il était évident qu'être auprès de deux loups n'était pas anodin. Le corbeau, qui se nommait donc Kinaï, parut satisfait et alla se poser sur une branche en hauteur. Il scrutait toujours Aelys quand celle-ci remarqua un mouvement à sa gauche. Un des deux loups, elle ne pouvait savoir lequel, s'approchait discrètement de Roméo. Aelys posa sa main sur son épée mais ne bougea pas plus. Roméo la fixa un instant comme pour lui demander la marche à suivre, elle lui fit un sourire. L'étalon, qui savait analyser les expressions faciales humaines, comprit qu'il n'y avait pas être inquiet. Il ne se détendit pas pour autant et Aelys vit ses yeux suivre lentement le trajet du prédateur. Le loup, en bon tueur, avança dans l'axe qui lui permettait d'observer tout en restant à l'abris d'un coup de sabot. L'Armure sentit le souffle chaud de Roméo qui s'accentuait à mesure que le loup approchait. Pourtant elle ne fit rien. L'animal n'avait pas remonté les babines et ne marchait pas comme lors d'un attaque. Il ne semblait s'agir que d'une simple curiosité.
Bientôt, il fut si proche qu'il aurait pu mordre le flanc de Roméo. Aelys s'était rapprochée, voyant que Valinor ne faisait rien. L'étalon, qui avait enfui sa tête dans le creux de l'épaule de la jeune fille finit par l'y retirer. Ses naseaux s'avancèrent timidement vers le loup, qui ne faisait plus autant le fier qu'avant. En effet, face à ses deux orifices qui jetaient de l'air bruyamment, il ne semblait plus aussi à l'aise. Les poils de sa face étaient rejetés en arrière par la force de la respiration de Roméo et il fermait les yeux à chaque expiration.
La scène était plutôt comique vu les débuts de cette histoire. Aelys brisa le silence:
- Est-ce Sidka ou Denaï ?
Le loup, entendant son nom releva la tête. Pendant une seconde, Aelys croisa son regard. Elle y vit toute la beauté du monde.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Lun 18 Fév - 22:54

Sidka garda son attitude curieuse durant très peu de temps. Lorsque le cheval, confiant à souhait envers sa propriétaire, approcha son nez de mon ami, ce dernier de paya pas de mine et ses allures de combattant ne firent pas long feu. Systématiquement, sa queue se cacha soudainement entre ses pattes arrière et ses oreilles s’abaissèrent brutalement vers l’arrière. Denaï fit automatiquement un pas en avant, prêt à l’attaque. Ma main le stoppa immédiatement et il fixa l’équidé, résigné mais loin d’être rassuré.

- Est-ce Sidka ou Denaï ?

Son regard ne quitta pas le loup noir une seule seconde, au point que j’aurais pu douter quand à celui que la question visait. Je la détaillais durant cet instant et lorsque mon compagnon tourna sa tête vers elle, ce que je vis dans les yeux de la jeune fille me perturba immédiatement.
Jamais encore, personne n’avait regardé mes loup avec un tel respect, une si profonde et sincère admiration. Ou cette petite était une grande, remarquable comédienne, ou elle était une personne, comme rare il en était en ce monde.
Mon jeune ami noir ne la quitta pas non plus, et son attitude changea. Je savais alors, que cette petite Aelys n’avait rien d’ordinaire. Pour qu’un loup fixe une personne humaine de la sorte, il faut qu’il ait vu en elle quelque chose de si important, de si unique, qu’il lui en vaut la peine de mettre sa vie en danger.
Contrairement à ce qu’elle paraissait, cette gamine n’avait rien d’une Armure comme les autres. Le fait de la confiance qui existait entre son cheval et elle m’étonnait et me rendait admiratif. Mais être capable de capter l’attention d’un loup de cette façon, c’était quelque chose hors du commun. Jamais encore, je n’avais eu la chance d’être témoin d’une telle chose. Il fallait bien admettre que mes loups n’avaient croisé que rarement des êtres humains, mais cela n’était jamais arrivé à un tel point de fusion dans un échange de regards.
Après un interminable instant de silence entre tous, Sidka tourna finalement un air perdu dans ma direction, l’air de me demander ce qui venait de lui arriver à l’instant. Je souriais, amusé de sa situation. Je regardais alors intensément Aelys et ne dit mots pendant encore un temps.
Cachant admirablement bien l’effet de respect qu’elle m’imposait dès lors, je prenais une voix calme et posée, comme à mon habitude.

- Sidka a trouvé en toi, quelque chose que jamais encore nous avions rencontré chez un être humain.

- Je ne sais pas qui tu es, Aelys. Mais pour avoir entretenu un tel rapport avec ce loup, sache que tu n’as rien d’ordinaire.


Finalement, je reportais mon regard sur mon ami lupin aussi sombre que la nuit, et l’incitait d’un coup d’œil, à revenir vers nous. Sans la moindre hésitation, Sidka nous rejoignit et quelques lèches de la part de son frère le rassura sur cette nouvelle expérience qu’il venait de connaître.
J’aurais pu faire demi-tour et partir sans un mot, mais je ne pouvais décemment pas laisser quelqu’un d’aussi unique, derrière moi.
Comme pour approuver mes paroles, Kinaï s’envola bruyamment et se posa non sans gêne, sur l’épaule de la jeune fille. Décidément, cette gamine en attirait plus d’un. Désormais, impossible pour moi de laisser passer une telle rencontre. J’avais peut-être devant moi, le seul et unique être humain capable de compassion.
Inspirant en ouvrant la bouche, j’hésitais un instant avec de porter mes paroles jusqu’à elle.

- Ce caractère qui semble être le tiens, m’intrigue énormément.

Je lui tendais innocemment ma main gauche en avançant de quelques pas vers elle, plongeant mon regard océan dans le sien, ne désirant rien d’autre que son acceptation.

- Accepterais-tu, de faire quelques pas en notre compagnie ?

Denaï resta volontairement à l’écart de notre groupe mais Sidka, étonnamment, vint se poster à mes côtés en quête de sa réponse. Il était aussi impressionné que moi, par l’aura de la jeune fille qui se tenais devant nous.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Mar 19 Fév - 10:54

Aelys se perdit dans le regard du loup, si bien qu'elle ne sut pas si Valinor lui avait répondu. Mais, à présent elle ne se souciait plus du nom de l'animal qu'elle avait face à elle. Sidka, comme paralysé, ne parvint pas à casser le lien. Plus le temps passé, plus Aelys trouvait que Sidka était mal à l'aise. Sa queue, qui s'était placée entre ses jambes après l'échange avec Roméo y était restée et il était tremblant à différents endroits de son corps. C'était comme si il voulait partir mais qu'il ne pouvait pas. Il en était de même pour l'Armure qui trouvait ses yeux tellement expressifs et tellement beaux qu'elle ne pouvait plus les quitter. Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune fille et Sidka prit cela comme prétexte pour lancer un regard de détresse à Valinor.
- Sidka a trouvé en toi, quelque chose que jamais encore nous avions rencontré chez un être humain. Je ne sais pas qui tu es, Aelys. Mais pour avoir entretenu un tel rapport avec ce loup, sache que tu n’as rien d’ordinaire.
Les paroles de Valinor la touchèrent et elle ne trouva rien à répondre. De vieux souvenirs remontèrent, elle eut un moment d'absence.

Son museau sur son nez et son souffle sur sa figure entière. Aelys ne pleure pas, elle n'a pas peur. Elles se fixent, intensément. Ses petites mains rencontrent la fourrure douce et chaude de la louve. Elle rigole, jamais elle n'a été aussi bien. Puis, soudain, des cris, du feu. On l'arrache violemment à son paradis de poils et on l'emporte contre une peau lisse et pleine de sueur à l'odeur pourtant parfumée. Elle se débat et parvient à se retourner. Elle la voit, combattre vaillamment, contre tout ceux qu'elle appelle par leur prénom. Son regard parvient à capter le sien, pendant un courte seconde. Elles se disent au revoir, en silence, elles n'ont pas besoin de mots. "Je t'aime." Et elle s'enfuit, et elle pleure.

Sidka n'était plus à ses côtés, Valinor devait l'avoir rappeler. Pour Kinaï c'était le moment rêvé pour faire connaissance à son tour. Le corbeau se posa doucement sur l'épaule droite de l'Armure qui lui présenta sa main. Il l'examina en détails avant de reprendre son envol dans un croassement assez lugubre.
- Ce caractère qui semble être le tien, m’intrigue énormément.
A ces mots, Aelys releva la tête vers Valinor. Celui-ci lui tendit la main et plongea son regard dans le sien. D'un bleu profond, ils étaient assez déroutants. Aelys prit la main que l'homme lui tendait pendant qu'il parlait:
- Accepterais-tu, de faire quelques pas en notre compagnie ?
- Oui bien sur. Cela me ferait plaisir.
Aelys se retourna et réajusta les rênes de l'étalon. Elle les prit calmement et s'avança d'un pas décidé vers Valinor, qui l'attendait. Ils se dirigèrent alors vers un chemin, situé sur la gauche. Après quelques pas, Aelys prit la parole:
- Je suis désolée, je ne suis pas du genre bavarde...

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Jeu 21 Fév - 19:51

Elle prend ma main puis la lâche, attrape les rênes de son étalon et reprend la main que je n’ai pas cessé de lui tendre. Un signe d’intimité que je veux entretenir avec elle ? Non. Simplement, c’est moi.
Si je haie les humains, j’ai besoin des contacts, physiques et visuels, pour communiquer et comprendre ce qui m’entoure.
Je garde sa main dans la mienne et nous partons, je l’emmène suivre un chemin de terre créé par les humains qui, avant nous, ont arpenté le bois dans diverses intentions. Elle s’excuse de ne pas parler. Je souris et tourne légèrement ma tête vers elle pour ancrer mon regard dans le sien. Pas un mot ne sort de ma bouche. Je ne lui en veux pas, et je n’ai moi-même rien de plus à ajouter.
Nous marchons longtemps, nos amis à nos côtés, Sidka près d’elle qui l’observe sans cesse. Elle ne parait pas gênée de ce regard insistant, et je m’en réjouis. Elle n’est décidément pas comme tous ces bipèdes que je déteste tant. Elle est quelqu’un de bien, quelqu’un de rare.
Peut-être même, deviendra-t-elle notre amie. Sidka semble le souhaiter, en tout cas. Et moi aussi. Je me surprends à aimer ce contact pauvre en matières, mais riche en intensité. J’aime la chaleur de sa main dans la mienne, le bruit de ses pas dans les feuilles mortes, le son de sa respiration calme.
La forêt est calme, comme si elle vivait au rythme de notre lien qui se tisse. Autour de nous, la nature chante et vibre à notre cadence.
Les chants de nombreux oiseaux font valser mes sens et mon ouïe surdéveloppée me rend ivre. J’aime cette sensation, ce moment de calme. La voix des hommes est trop grave, trop fausse. Celle des autres êtres vivants est tellement plus douce, plus réelle… Qu’il est bon de les entendre ! Profite-t-elle comme moi de toute cette magie ? A-t-elle conscience de tout ce qui se passe autour d’elle ? Se rend-elle compte de tout ce qui se produit, là-haut, autour, en dessous de nous ? Comprend-elle ce que je peux ressentir, ici ?
J’en ai envie. J’ai envie qu’elle les voit, les entende, les aime. Ma main gauche se détache doucement de la sienne, je passe mon bras autour de ses épaules et dans un sourire, je lève sa tête vers les arbres. L’index de ma main droite vient se poser délicatement sur ses fines lèvres et je la regarde, elle ne comprend pas mon geste. L’incitant à ne pas faire le moindre bruit, mon doigt quitte sa bouche et je tends mon bras droit vers le ciel. Il n’y a rien à y voir. Je la regarde toujours, elle cherche quelque chose là-haut. Je souris, j’aime son attitude enfantine. Elle est amusante, charmante.
Sans la quitter des yeux, je viens cacher les siens de ma main droite. Elle ne comprend pas tout de suite, mais lorsque Sidka vient mettre sa tête sous sa main à elle, Aelys semble s’ouvrir enfin.
Je penche ma tête pour être à sa hauteur, je la dépasse bien d’une tête. Je chuchote à son oreille, de ma voix chantante.

- Ecoute, le monde qui t’entoure est loin d’avoir besoin de nos voix pour être passionnant.

- Sens, tout ce qui t’entoure est si beau, lorsque tu ne le vois pas…


J’aime la regarder, elle découvre avec plaisir, peut-être même avec délice. Notre monde est si beau lorsque l’on trouve les parcelles que l’humain n’a pas encore détruites. Je la voix caresser doucement Sidka, qui ne demande visiblement que ça. Je sens que son attention quitte sa vue, elle cherche à se concentrer sur ses autres sens et j’aime cela.
Je suis ravi de lui apprendre, ce que j’ai toujours connu. Elle est unique. Une personne comme il en existe si peu sur Terre, que je n’ai pas envie de partir, de la regarder s’éloigner.
Tout comme elle, au même rythme, son cheval se détend, et mes amis en font de même. Tous profitent de ce moment apaisé où personne ne craint pour sa vie, où personne n’est en danger.
Je me délecte de cet instant où toute notre vie, toutes nos angoisses les plus profondes, ne sont qu’une insignifiante part de nous –même, et que cette même part disparait dans le néant.
Durant un instant, une seconde, une heure ; Nous sommes là et ne partons pas, nous restons immobiles et écoutons le monde, le vrai.
Que peut-il y avoir en ce bas monde, de plus beau que tout cela ? De plus agréable, de plus délectable, que nous, minuscules êtres profitant d’un monde partagé entre des milliards et des milliards de vivants, tous prêts à se battre et à mourir pour permettre à leur espèce de vivre et de survivre, au milieu de tous les êtres les plus abominables ? Que peut-il y avoir de plus magnifique ? De plus splendide ? Rien. Rien du tout.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Sam 23 Fév - 13:31

[HS: j'avais écrit un énorme texte et mon frère a fermé ma page --'. Sinon, je me suis rendue compte que j'étais plus à l'aise à la première personne, j'espère que ça ne te dérange pas :S]

Je reviens donc avec Roméo et Valinor prend ma main dans la sienne. Ce geste me paraît étonnant étant donné que nous nous connaissons à peine, mais Valinor est si mystérieux! Alors je me laisse faire et il me guide dans la forêt. Il fait beau et cette balade est plus qu'agréable. De plus, je suis accompagnée d'amis assez spéciaux... Ce n'est pas tous les jours qu'on se promène au côté de deux loups et d'un corbeau. Je me demande comment Valinor a pu les apprivoiser, ces animaux sont si craintifs et si discrets. Pourtant leur amitié et leur confiance est si flagrante que cela paraît normal.
Valinor semble ailleurs: il me tient sans vraiment me tenir, il voit sans vraiment voir et il observe sans vraiment observer. Ses yeux bleus scrutent les alentours mais il me fait penser à un aveugle qui cherche son chemin. Tout d'un coup il s'arrête. Il lâche ma main et, sans un mot, il me prend par les épaules. Un court instant, je me pose des questions sur ses intentions. Prend-on une inconnue dans ses bras, aussi simplement que le fait cet homme ? Mais je n'ai pas peur, à vrai dire ma curiosité est accrue et j'ai hâte de savoir ce qu'il me veut. Certes Valinor est étrange, mystérieux voir inquiétant mais ce n'est pas pour me déplaire. Je n'ai jamais perdu le goût de l'aventure, du danger, de l'incertitude que toute personne a étant enfant.
Il me sourit et, calmement, il lève ma tête vers le ciel. Ses doigts me tiennent fermement mais je ne peux m'empêcher de détacher mes yeux des siens. Je m'apprête à ouvrir la bouche quand il pose son index sur mes lèvres. Je me tais, j'attend. Il lève alors son bras vers le ciel. Je cherche ce qu'il veut me montrer mais je ne trouve rien. Il n'y a rien dans le ciel d'inhabituel; quelques nuages apparaissent entre les arbres et, parfois, quelques oiseaux virevoltent tout là haut. Ma perplexité rencontre son amusement et je le vois qui sourit. C'est vrai que je dois avoir l'air ridicule à chercher quelque chose qui n'existe pas sans aucune hésitation. Ces pensées me font sourire.
Valinor me vient en aide. Il pose sa main sur mes yeux en se plaçant derrière moi. Mes yeux verts disparaissent dans l'ombre, je ne vois plus. Je sens son souffle chaud sur ma nuque. Ma main gauche rencontre des poils, cela doit être Sidka qui vient me rassurer. Les animaux sentent la peur des hommes. Je me détend à son contact et je masse délicatement son échine.
J'entend sa voix qui me murmure à l'oreille:
- Ecoute, le monde qui t’entoure est loin d’avoir besoin de nos voix pour être passionnant. Sens, tout ce qui t’entoure est si beau, lorsque tu ne le vois pas…
Là était donc le but de toute cette étrange manoeuvre. Soucieuse d'être une bonne élève, je m'applique. Quelques secondes suffisent pour que je me sente transformée. Mes oreilles captent des sons dont je ne soupçonnait pas l'existence, mon corps tremble sous la brise, l'air qui rentre dans mes narines me fait mal. Mais j'aime ça, c'est l'odeur de la forêt. La meilleure qui soit, un mélange de terre et de pins dont émane une pureté parfaite.
Quand je rouvre les yeux, le monde est identique à celui que j'ai laissé avant mon expérience. Rien n'a changé: Sidka est toujours à ma gauche, le ciel est toujours aussi bleu, la terre toujours aussi riche et les habitants de la forêt nous surveillent toujours du même poste d'observation. Pourtant, tout me paraît tellement différent.
Je me retourne, lui aussi est toujours là. Il arbore encore son sourire mystérieux et ses yeux bleus me fixent. Je ne sais pas quoi dire, il n'y a pas de mots. Rien ne peut décrire l'osmose avec la nature que je vient de vivre.
Une idée germe dans mon esprit, je m'approche de lui. Je me sens redevable et j'ai envie de lui faire découvrir ma passion.
- J'aimerais te montrer quelque chose, à mon tour.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Lun 25 Fév - 18:13

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- J’aimerais te montrer quelque chose, à mon tour.

J’étais curieux de savoir ce qu’une telle humaine pourrait bien m’apprendre. Cependant…
Je reposais délicatement mon index sur ses lèvres pour l’inciter au silence. Retirant ma main gauche de son épaule, je la fourrais dans la poche de mon pantalon en lin et l’en ressortais aussitôt, pleine de petites graines noires striées de rayures blanches.
Je prenais doucement sa main gauche et l’ouvrais avant d’y vider la mienne. Je levais ensuite son bras à hauteur des yeux et faisais signe à nos compagnons de s’éloigner, ce qu’ils firent tous sans broncher. Même Roméo accepta de reculer de quelques pas sans opposer de résistance à ma demande.
Je reportais toute mon attention sur Aelys et lui souriais d’un air complice avant de lancer un très léger son, que je parvenais à faire après de nombreuses années d’entraînement. Une sorte de vibration mélangée à un sifflement, qui donnait une impression de chant. Moi je savais que ce chant ne valait rien comparé à celui du vrai possesseur de ce son, mais les humains n’y voyaient que du feu et mes amis savaient ce bruit était un appel les concernant.
Après quelques secondes, de nombreux chants d’oiseaux semblables au mien se firent entendre au-dessus de nous, puis se partagèrent et s’éloignèrent loin dans la forêt, tout autour de nous.
Enfin, ils apparurent sur les branches tout près de nous. Mes amis chantaient merveilleusement bien, et j’avais très envie qu’elle les entende et les vois de plus prêt. Aelys sourit en les voyants et ne baissa pas son bras.
Le premier vint se poser sur sa main et sa petite tête noire tourna et retourna pour observer les graines dans sa paume. La petite mésange se décala d’un pas sur la droite et son bec se tendit pour attraper une graine tendit qu’un deuxième petit oiseau se joignait à lui dans quelques battements de ses minuscules ailes grises. Le premier se laissa tomber en arrière et reprit son vol juste avant que le second ne se pose à son tour sur les doigts de la jeune fille qui souriait sans bouger. L’oiseau s’accorda quelques secondes de réflexion, prit une graine et s’offrit le luxe de la jeter au sol pour en prendre une autre plus grosse et s’envoler à son tour.
L’une des trois mésanges était restée posée sur une branche basse, juste en face de nous. Je la regardais un moment, elle hésitait à venir se servir. Un petit moment passa durant lequel la main d’Aelys n’abrita rien d’autre que les petits graines noires que je lui avais confiées.
Puis, contre toute attente, la petite mésange en face battit des ailes dans sa direction et lorsqu’elle fut plus haute qu’Aelys, elle plaqua ses ailes contre son petit corps pour descendre en plongée vers les graines. Elle s’apprêtait à se poser sur l’auriculaire de l’humaine lorsqu’une seconde mésange se posa sur son pouce. La seconde d’après, la troisième mésange se joignait aux deux premières dans un piaillement caractéristique. Celle qui se trouvait sur son pouce ouvrit ses ailes et ne les referma pas pendant quelques centièmes de seconde. Elle attrapa maladroitement une graine et repartit aussitôt d’où elle était arrivée. L’oiseau posé sur son index partit en plongée et s’envola de nouveau, tandis que la petite timide gardait sa place sans toucher à la nourriture plusieurs secondes de plus.
Elle se décida enfin à choisir sa part après quelques pas sur les doigts d’Aelys, puis repartit tranquillement, apaisée, vers sa branche basse où elle dégusta son en-cas.
Encore une fois, la main de la jeune fille resta vide un moment avant qu’une mésange revienne se poser sur son index et l’observe elle, l’humaine, du haut de ses quelques quatre centimètres. Intense moment de partage que ce fut, et je ne pus qu’admirer la stabilité d’esprit qu’éprouvaient les animaux près d’Aelys. Ce petit oiseau en était une nouvelle preuve : Aelys n’était définitivement pas une jeune fille ordinaire. La mésange cessa l’échange de regard, choisit une graine et resta encore un instant, la graine au bec, observant cet étrange tableau que nous formions tous, humains et animaux mélangés. Quel instant unique c’était ! Voir cette si petite créature, nous épier tous sans la moindre crainte, était pour moi quelque chose de toujours aussi envoutant qu’au premier jour. Cette petite mésange nous montrait bien à quel point les humains se sentant supérieurs sont stupides et bornés. S’ils prenaient la peine de passer ces quelques minutes en compagnie d’un être si noble et si brillamment intelligent, je ne doutais pas qu’ils ne paieraient plus jamais de mine face à leurs confrères tout aussi stupides et bornés qu’eux-mêmes. Si seulement, les êtres humains pouvaient comprendre que le monde est bien plus beau sans leur présence insistante et insupportable… Si seulement ils pouvaient être capable de voir le monde tel qu’il est réellement et pas tel qu’ils peuvent le façonner avec leurs mains calleuses et aussi sales que leurs outils… Si seulement ils pouvaient faire preuve, comme les êtres vivants intelligents, de compassion…
Enfin, la mésange décida que le repos avait assez duré. Emportant avec elle une seconde graine qu’elle calla tant bien que mal dans son bec avec la première, elle s’envola une dernière fois et disparut bien vite de notre vue. Nous ne revîmes pas les deux autres oiseaux et je décidais qu’il en était terminé de cette belle observation. Je reprenais délicatement les grains dans la paume d’Aelys qui me sourit gentiment, et je constatais sur son visage qu’elle avait beaucoup apprécié cette nouvelle expérience. Cessant de sourire, je rangeais les dernières graines dans ma poche tandis que nos compagnons reprenaient leurs places à nos côtés.
Ma voix chantante résonna doucement entre les arbres, il était temps qu’elle m’apprenne, elle aussi.

- Montres-moi.

Sans le montrer, j’étais véritablement impatient de savoir, de voir et de comprendre ce qu’elle tenait à me faire découvrir.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Lun 25 Fév - 21:29

[ J'y avait pensé aussi, mais je me doutais qu'avec ton expérience tu trouverais quelque chose. Je ne me trompais pas ;P]

La deuxième expérience me plût autant que la première. Les oiseaux étaient tous venus sur ma main, sans crainte. Seule une petite femelle avait hésité mais, pour mon plus grand bonheur, s'était finalement décidé. C'était elle que j'avais trouvé la plus belle. Ses couleurs me paraissaient plus belles et sa petite taille ainsi que sa timidité évidente la rendaient attendrissante.
Mais à présent ma main est vide, Valinor a reprit les graines restantes. Roméo se rapproche de nouveau de moi et je le caresse tendrement. Il se doute sûrement de ce que j'ai envie de faire. Il devine parfois les choses avant même qu'elles ne me viennent à l'esprit à moi. Dans ces cas-là, je me sens vraiment inférieure. Je me dis que la nature nous surpasse vraiment et je l'aime d'autant plus. Roméo est mon compagnon depuis maintenant quatre ans. Il me connait par coeur mais moi je le découvre un peu plus chaque jour. Ces quatre années nous avons développé une amitié aux débuts difficiles. Roméo était fougueux et assez agressif. Notre rencontre a été une révélation, pour l'un comme pour l'autre. Il avait l'habitude qu'on recule devant lui quand il se dressait sur ses postérieurs et menaçait son adversaire d'un coup de sabot mortel. Mais le jour où je suis venu, je n'ai pas reculé. Je n'ai pas avancé non plus, je suis simplement restée face à lui. Je le fixais et je le défiais. J'étais jeune, je n'avais aucune notion du danger. Mais sans ma folie nous n'en serions pas là aujourd'hui. Je lui ai appris le respect et il m'a apprit la force. Maintenant nous sommes un seul être. Il me suffit de penser ce que j'aimerais qu'il fasse pour qu'aussitôt il l'effectue. Cette sensation est indescriptible. Pourtant, à mon avis, on ne peut pas passer à côté. On doit vivre au moins une fois dans sa vie cette impression de puissance.
Roméo est mes jambes, la puissance et la rapidité qui me font défaut tout comme je suis sa réflexion et son ingéniosité. Nous combinons nos intelligences, si différentes et pourtant si complémentaires. Mon savoir s'appuie sur son instinct. Quand il ne sait pas il se réfère à moi et il a toujours confiance en mon jugement. Si je dis oui, c'est qu'il en est capable. A l'inverse si Roméo refuse, s'éloigne ou s'enfuit je sais que ce n'est pas sans raisons. A pied, je me sens moins proche de la nature. Sur Roméo, le monde m'appartient.

Aussi naturellement que Valinor l'a fait pour moi, je le reproduis. Je prend sa main et l'entraîne un peu plus loin. Le sous bois où nous nous trouvons ne convient pas. En arrivant ici, j'avais remarqué un très long pré c'est par là que je me dirige. Dans l'autre main je tiens Roméo qui est nerveux. Il sent ma propre excitation et la ressent encore plus intensément. Dans ma tête je me dis que les conditions sont idéales: il n'y a pas trop de vent et il fait beau; de plus, je n'ai pas mis de selle à Roméo.
Quand j'arrive enfin au commencement de la prairie, je me retourne vers Valinor qui n'a pas parlé durant le trajet. Son regard bleu me questionne mais la réponse est bien près maintenant. Je fais quelques pas pour m'approcher de Roméo. D'un bond gracieux je suis sur son dos. Je sens ses muscles sous mes cuisses et je sens que ce que je réserve à Valinor va l'étonner.
Il n'a jamais monté à cheval. Un cavalier reconnaît toujours ceux qui le sont aussi et ceux qui ne le sont pas. Je lui tend une main ferme et d'un ton amusé je lui lance:
- En selle. Même si il n'y en a pas...
Valinor est grand et c'est une Armure, il est forcement musclé. C'est pourquoi je ne doute pas qu'il puisse se hisser sur mon petit Roméo. Il saisit mon bras et ses gestes sont maladroits. Je le comprend je ne lui ai pas expliqué comment monter, mais il ne m'avait pas expliqué ce qu'il attendait de moi dans la forêt alors je ne vois pas pourquoi moi je le ferais. Quand il est enfin en haut je sens Roméo qui s'agite. Ce poids supplémentaire est inhabituel et il ne sait pas quelle est la marche à suivre. Mais avant de lui donner des directives je préfère m'assurer que Valinor est bien attaché.
- Accroche toi, ça va secouer. Avance toi bien pour ne pas être sur ses reins, cela lui ferait mal.
Je sens qu'il se déplace et il adopte enfin la position la plus sécurisante. C'est alors que j'aperçois Sidka et Dinaï qui fixent leur ami avec intensité et appréhension.
- Dis à tes loups qu'ils peuvent se placer aux côtés de Roméo et courir avec lui.
Pendant qu'il s'exécute je prend les rênes de Roméo et descend mes jambes. Valinor me fait un signe, il me dit que tout est au point. Mon bassin s'avance et mes talons rencontrent les flancs de Roméo. En une fraction de seconde il est déjà au galop.

Le poids de Valinor en plus de mien ne semble pas gêner l'étalon qui fend l'air à une vitesses impressionnante. Très vite les arbres ne sont plus qu'une ligne verte qui défile. Le vent assomme mon visage mais je ne me rend même pas compte. Bon bonheur est complet. Je tourne légèrement la tête pour scruter celle de Valinor. Un sourire béat apparaît sur son visage. Il ne s'accroche presque plus à moi et semble à l'aise. Alors je me permet de rajouter encore plus de sensation, je lâche les rênes de Roméo. Mes bras s'alignent à l'horizontal et je rie. Rien n'est plus beau. L'impression de voler est incroyable, je sens les muscles de Roméo vibrer. Je suis sur un boulet de canon. Dans ce genre de galop déchaîné j'ai l'impression d'être sur la puissance incarnée. Même dans un rêve nous irions moins vite. Immobiles sur mon cheval, nous vivons la liberté. Il n'y a aucune limite, aucune contrainte. Je laisse Roméo gérer sa trajectoire, nous avons juste à déguster ce moment comme il se doit. Plus rien n'a d'importance. Le bruit des sabots sur le sol sec est agréable, je me penche en avant. Je vois les jambes de Roméo qui se balancent en cadence dans l'organisation la plus parfaite. Ses pieds semblent rejeter le sol et vouloir prendre leur envol. Ses antérieurs lancés vers l'avant, Roméo cherche à se surpasser. Je me redresse, je savoure. La nature, l'air pur, l'effort nous réunissent pour qu'à nous trois nous ne formions qu'un. Nous sommes ensemble et notre joie est commune.
A ma gauche je vois les deux loups, la langue pendante, qui suivent Roméo. Ils semblent heureux eux-aussi.
Tout droit j'aperçois un tronc d'arbre qui est tombé à cause de l'orage. Roméo dresse les oreilles, il est prêt.
- On va sauter l'arbre.
Je ne sais pas s'il m'a entendu. En tout cas il s'accroche de nouveau à moi. Roméo passe le tronc avec une facilité déconcertante. Valinor et moi nous accrochons comme nous pouvons. Après l'obstacle je me penche en arrière et Roméo ralentit. Il est à bout de souffle. Une fois au pas, il reprend ses esprits. Je pivote et m'installe de côté. J'observe Valinor, guettant sa réaction et m'interrogeant sur ses pensées. A-t-il apprécié ?
Spoiler:
 

[Tu vas peut être trouver mon texte ennuyant mais quand il s'agit de ma passion je suis vraiment ... passionnée quoi ^^ !]

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Mer 27 Fév - 1:30

Si je m’étais attendu à ce genre d’expérience ? Sûrement pas. Si l’on m’avait dit qu’un jour je monterais à cheval, je ne l’aurais jamais cru. Si j’ai peur ? Non, pas le moins du monde. Seulement je suis un peu comme mes loups, un prédateur. Je ne chevauche pas mes proies. Même s’il ne me viendrait pas à l’idée de tuer un cheval, ce n’est pas dans mes principes de me servir d’un être vivant comme moyen de locomotion. C’est vrai quoi, je suis né avec mes propres jambes, alors pourquoi me servie de celles d’un autre ?
Je ne sais pas réellement à quoi je m’attendais lorsqu’elle m’annonça qu’elle voulait me faire découvrir quelque chose, mais probablement attendais-je quelque chose de plus… naturel. J’étais septique, à l’idée de grimper sur son compagnon. Je ne trouvais pas cela normal et moi, je suis quelqu’un de très naturel. Je ne vais généralement rien qui soit contraire à ma nature d’être humain complètement lupin.
Elle prit ma main et mentalement, j’appréciais ce geste qu’elle m’accordait et qui, je le savais, était devenu quelque chose d’anormal pour les humains de nos jours. Je savais qu’à notre époque, on ne donnait la main qu’à un être humain proche, voir intime. Pourquoi, si je savais cela, je l’avais fait quand même ? Simplement parce que c’est moi, je l’ai expliqué lorsque je l’ai fait. J’ai besoin de ces contacts physiques pour comprendre et communiquer.
Elle m’entraîne vers une grande prairie que je ne connais que trop bien ; c’est là que les chasseurs débarquent leurs chiens et partent pour leur traque. C’est aussi ici qu’ils rameutent les proies pour que d’autres tueurs, placés ici-même en certains points stratégiques, abattent les êtres sans le moindre scrupule. Je sens la tension de Roméo. Son animosité semble s’accroître en intensité et mes loups le perçoivent encore mieux que moi. Cependant nous ne comprenons pas immédiatement la raison de cette excitation soudaine.
C’est lorsque, d’un bond gracile elle l’enfourche, que je comprends enfin. Elle a l’intention de me faire partager cela. Je suis d’abord très réticent. Premièrement parce que ce n’est pas du tout mon genre, mais aussi et surtout parce que je n’ai jamais fait cela, de toute ma vie.

- En selle, même s’il n’y en a pas.

Je suis surpris. L’expérience ne me tente pas du tout. Mais elle a fait un effort dans la forêt, et j’estime qu’après tout ce qu’elle m’a offert d’elle, je lui dois bien cela. Alors, malhabilement, j’attrape son avant-bras et elle m’aide tant bien que mal à me hisser derrière elle. Tout cela est plus qu’étrange. Je me sens complètement perdu dans un environnement qui pourtant est le mien depuis toujours.
C’est cette nouvelle approche du monde qui me perturbe. Je ne me sens simplement pas à ma place, ici, en hauteur sur le dos d’un animal que je ne connais pas réellement, avec lequel je n’ai jamais eu le moindre contact.
Assis sur sa croupe, je le sens s’agiter. Par réflexe mes mains viennent se poser sur les hanches de Aelys et je ne m’en sens pas le moins du monde gêné. Cela est probablement étrange pour un jeune homme de mon âge, mais contrairement aux autres humains mâles, je n’éprouve jamais la moindre gêne lorsque j’entre en contact avec ce que les autres appellent « une fille de mon âge ». Pour moi, les contacts sont tellement logiques et indispensable que dans mon esprit, ils n’ont jamais eu la moindre connotation que ce soit. Un contact reste pour moi un moyen de communication, et strictement rien d’autre.
Sous ses ordres, je m’avance sur ma position et nos corps s’emmêlent. Je garde les mains sur ses hanches mais mon esprit est resté en bas, auprès de mes loups. Je ne me sens pas le moins du monde en sécurité. A la vérité, je crois que cette sensation désagréable dans mon abdomen, n’est rien de plus que la peur qui m’habite.
Sidka et Denaï cherchent à comprendre, et je sens familièrement Kinaï qui est prêt à se foutre royalement de moi. Je décide de l’ignorer pour me concentrer sur cette nouvelle expérience qui, je dois l’avouer, commence à littéralement me terrifier. Je ne prends pas la peine de répéter à mes loups ce qu’Aelys leur propose, ils ne sont pas stupides au point de ne comprendre que moi. Ils savent désormais ce qu’ils ont à faire et pour rien au monde ils ne laisseraient une partie de traque amicale aux oubliettes. Encore moins dans ce cas précis, où leur meilleur ami se trouve justement sur la « proie » à suivre.
Avant même que j’ai le temps de comprendre la situation ou ne serait-ce que demander à arrêter, nous partons. Roméo nous emmène rapidement dans un galop effréné et je sens qu’il y prend littéralement son pied. Malgré la charge qui doit de loin dépasser ses habitudes ; et je remercie ma bonne idée que j’ai eu le matin de laisser Tolkien au manoir ; il court à un rythme admirable, je dois bien le reconnaître. Je sens ses sabots s’enfoncer dans le sol à chaque foulée, je sens chaque choc de ses pieds sur la terre ferme et j’entends la moindre de ses respirations, de nos respirations à tous, en fait. Notre course folle doit prendre fin, mais je sens que tout n’est pas terminé. Elle veut m’en donner plus, m’en apprendre davantage. Je n’entends pas ses paroles, totalement concentré sur les respirations de mes loups pour me détendre. Mais j’entends également celle de Roméo et je sens qu’elle change. Infiniment, elle se modifie. Je jette un regard à mes loups qui se captivent pour quelque chose qui se trouve devant nous. J’ai compris. Quelque chose nous attend bientôt.
Prenant mon courage à deux mains, je décide de relever la tête pour regarder au-dessus de celle, qui semble être désormais ma nouvelle, ma première amie humaine.
J’ai à peine le temps de l’apercevoir que mes mains se resserrent délicatement sur les hanches d’Aelys. Roméo rassemble ses postérieurs et prend deux dernières foulées pour ajuster son élan avant le saut.
En une fraction de seconde, tout est terminé. Et, même si mon corps bats la chamade, je suis complètement excité. Je dois avouer que même si je me promets de ne jamais recommencer cela, j’ai adoré. C’était tout simplement magnifique, tout bonnement magique. Un moment merveilleux que je viens de passer là, et d’autant plus beau que mes compagnons y ont participé autant que moi. La chaleur reste en moi-même si Roméo est repassé au pas. Je suis aussi essoufflé que lui-même si je n’ai fait que serrer les jambes et garder mon équilibre.
Alors Aelys se déplace et s’installe en amazone, de façon à me détailler. Sa proximité me rassure quelque peu, je sais que si elle est là, tout se passera bien. Mes yeux restent d’abord grands ouverts, puis un sourire se dessine doucement sur mes lèvres et je ne dis mot, ne m’exprimant comme à mon habitude, que par les gestes.
Kinaï vient se poser sur le tronc duquel nous sommes restés proches et pousse un croassement victorieux ; il est fier de moi. Les deux frères continuent de marcher et reprennent eux aussi, tranquillement leur souffle. Leurs langues pendantes et leurs oreilles tombantes me détaillent parfaitement l’état de béatitude dans lequel ils sont après un jeu si passionnant. Tout comme moi, ils sont tous heureux, et c’est tout ce qui m’importe.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Mer 27 Fév - 17:05

Valinor est souriant mais son visage est vraiment très rouge. Je pense que cette expérience lui a plut autant qu'elle lui a fait peur. Je me souviens de ma première séance, à moi. C'était mon père qui avait voulu que j'apprenne dès mon plus jeune âge. Il avait acheté un vieux poney à un marchand Cendre au regard vitreux et aux vêtements déchirés. Le poney s'appelait Jak. C'était le poney le plus laid que j'avais rencontré jusqu'alors. Il avait en plus un très mauvais caractère. Après m'avoir mordu trois fois en le préparant, mon père m'avait hissé sur son dos. Il était alors parti au grand galop dans le parc de mes parents et j'étais tombé peu de temps après. Mon père, furieux, l'avait attaché à un piquet et l'avait privé de nourriture. Tous les soirs je filais voir Jak en cachette et lui donnait des carottes. Je ne le haïssais pas pour ce qu'il m'avait fait, j'avais pitié de lui tout simplement. Mais au bout du sixième jour, il avait disparu. Quand j'étais rentré de l'école, il n'était plus à son piquet. D'ailleurs le piquet lui-même n'était plus là. C'est seulement après que j'avais pris de vrais leçons d'équitation et pendant encore quelques mois ma peur était restée.
Alors j'imagine bien l'effet qu'a pu faire cette course un peu particulière à Valinor, dont le monde du cheval est inconnu. Malgré cela, tout s'est bien passé. Pour une fois que Roméo n'a pas fait d'écarts intempestifs ou de ruades inattendues....
Monsieur s'est arrêté, les loups le fixent avec intensité. Lui aussi les regarde mais je vois bien qu'il a la tête ailleurs. Ses flancs s'agitent et il reste immobile, lui qui ne tient jamais en place. Je me laisse glisser à terre et desserre légèrement sa bride. Ses flancs sont couverts d'écume blanche, alors je m'adresse à Valinor qui n'a pas encore osé descendre.
- Sais-tu où il y aurait un point d'eau ? Roméo a très soif je crois.
Je ne doute pas qu'il sache, Je crois qu'il connaît cette forêt par coeur. Il doit courir les bois à longueur de temps avec ses loups. Peut-être chasse-t-il avec eux ? Je me demande d'ailleurs comment il les protège des chasseurs. Ici à AnkNor, tous les animaux peuvent être tués. Il n'y a pas besoin de dérogations et il n'y a pas de saisons où elle est interdite. On tire sur n'importe quoi, quand on veut et où on veut. Ma grand-mère me disait que ce n'était pas comme ça avant. Elle disait qu'avant nous respections la nature et ne chassions que pour se nourrir ou pour réguler une population. Comme les temps ont changé ...

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Mer 13 Mar - 14:34

Haletant, tout le groupe se remet doucement de l’aventure, sauf Aelys. Elle semble très à l’aise, comme si ce genre d’escapade lui était habituelle. Pourtant même Roméo semble prendre le temps de reposer ses jambes. Durant quelques minutes, je reste assis sur son dos, ne sachant pas réellement comment descendre. Je ne demandais pas d’aide à Aelys non pas par fierté, mais simplement par réserve. Je détestais l’idée même de dépendre d’un humain. Même si cette jeune fille était visiblement une humaine comme il n’en existe que très peu, je ne pouvais me résigner à lui demander son aide. Je ne pouvais pas simplement me laisser guider par quelqu’un, parce que pour moi cela aurait signifié – même dans ce cas si anodin – que ma vie ne tenait à son bon vouloir. Toute ma vie j’avais agi seul, sans l’aide de quiconque et ce n’était pas aujourd’hui que j’allais commencer à me relâcher. Comme toujours, j’allais apprendre par moi-même, avec l’aide de mes si chers compagnons.

- Sais-tu où il y a un point d’eau ? Roméo à très soif je crois.

Je ne répondais pas immédiatement, attendant qu’elle change de sujet toute seule. Je n’avais pas la tête à réfléchir aux lacs présents dans les environs, pour le moment tout ce que je souhaitais était de descendre de cette grande masse vivante.
Discrètement, alors qu’elle avait le dos tourné et observait les alentours, je lançais un regard suppliant à mes amis, cherchant en eux le soutien dont j’avais besoin pour surpasser cette nouvelle épreuve. Pourtant, pour la première fois de ma vie, je constatais qu’aucun des deux loups ne semblait disposé à me venir en aide. Parfois je vous l’dis, vive l’amitié ! Résigné, je me décidais à repasser mentalement la scène qui s’était déroulée quelques secondes plus tôt : Aelys descendant de cheval.
Elle tenait les rênes de Roméo. En silence, je rapprochais mes reins du garrot de l’animal et attrapais délicatement ses rênes dans mes mains. Première étape, prendre la même attitude que la jeune fille.
Rênes en mains, je sentis un frémissement de Roméo et lui donnait une caresse sur l’encolure, cherchant à lui assurer que je n’avais aucune mauvaise intention. Aelys se tourna brusquement au renâclement de son cheval mais je le senti se détendre immédiatement lorsque Roméo cessa de s’inquiéter. Je vis passer un sourire discret sur le visage de la jeune fille juste avant qu’elle ne me tourne le dos de nouveau. Avait-elle compris que je préférais être seul dans cette aventure ? Peut-être, après tout je ne lisais pas encore dans les pensées. Quoi qu’il en soit, elle me laissa délibérément aux mains – ou plutôt aux sabots – de Roméo qui sembla lui, disposé à me porter secours dans mon escalade à l’envers.
Je repassais de nouveau la descente de la jeune fille pour reproduire ses gestes. Elle avait passé sa jambe droite par-dessus l’encolure de l’animal et était restée assise dans cette position durant un petit moment. Je décidais de sauter cette étape d’attente, jugeant qu’elle n’était pas nécessaire dans la descente de Roméo.
Enfin, elle s’était laissé glisser à terre. Je me disais finalement, que ce n’était pas aussi difficile ce que j’avais pensé au début. Pourtant, c’est là que tout ce gâta. Alors que je me penchais légèrement en arrière pour me laisser glisser à mon tour, Roméo fit un pas avec un début de hennissement qu’il ne termina pas et finit par baisser la tête vers le sol pour ensuite ramener ses jambes sous son poitrail dans l’intention de se baisser. Etant dans une position fort inconfortable, je me rattrapais brusquement à son encolure pour ne pas tomber de façon stupide dans la terre sèche. Ce fut une très mauvaise idée et je crois, qu’elle trahissait aisément le fait que je n’étais jamais monté à cheval auparavant. Roméo se laissa tomber vers l’avant et je faisais littéralement une galipette sur son échine avant de finir comme qui dirait « le cul par terre ». Lorsque je me redressais, le cheval s’était aisément couché sur le sol et me lançais cet espèce de sourire, me montrant toutes ses dents. Mes loups s’étaient levés en catastrophes et commençaient déjà à s’agiter autour de moi, et Aelys semblait retenir un sacré fou rire, la main sur la bouche.
Assis dans terre les jambes écartées, j’ouvrais de grands yeux pour tenter de comprendre ce qui venait de m’arriver. Cela fait, je ramenais ma main gauche derrière ma tête et caressais nerveusement mes cheveux noirs de jais en lançant un sourire stupide à la jeune fille.

- Vas-y, marre-toi. Ton ami m’a joué un sale tour, sur ce coup-là.

Je me mettais à rire à mon tour, de ma voix mélodieuse et douce, tandis qu’Aelys se joignait à moi sans vergogne.
Ce qui était sûr, c’est que je me promettais à cet instant de ne jamais plus remonter à cheval. En tout cas pas sur Roméo. Une fois mais pas deux, comme on dit.
Finalement je calmais Sidka et Denaï d’une caresse sur le museau avant de me relever pour m’épousseter et réfléchir à la question initiale de ma nouvelle compagne de solitude.
S’il y avait une chose que je n’avais à envier à personne, c’était la connaissance de la nature. Je connaissais tout d’elle et je m’étais ouvert à elle plus qu’à n’importe qui d’autre. J’aurai presque pu dire qu’elle et moi ne formions qu’un depuis toujours, mais je ne m’en serai pas venté devant un humain même s’il s’agissait d’Aelys, de peur d’être finalement utilisé pour nuire à ce qu’il y avait de plus beau à mes yeux.
D’une voix calme après avoir repris enfin ma respiration, je détaillais silencieusement les bois qui nous entouraient puis me mettais en marche, incitant tout le monde à me suivre.

- Suis-moi.

Eh bien, je pouvais dire qu’aujourd’hui n’avait pas été une journée comme les autres. C’était la première fois de ma vie que j’étais montée à cheval, et la première fois aussi que j’avais ri en compagnie d’un être humain. C’était également la première fois que j’avais partagé ma vie avec un membre de ma propre espèce.
Je sentais à l’avance, que j’allais être épuisé le soir, lorsque nous nous séparerions et que je rentrerai chez moi avec mes amis lupins.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Dim 17 Mar - 14:01

Il ne répond pas tout de suite à ma question et je constate, amusée, qu'il se préoccupe surtout d'autre chose ... Est-ce que j'en ai fait exprès ? Oui je crois, j'ai hâte de voir s'il est capable de descendre tout seul. En fait, je jubile carrément. Je sens que ce ne sera pas aussi simple qu'il le souhaiterait et la situation risque d'être vraiment drôle. De plus, je connais Roméo. Il a bien compris que Valinor était un débutant et va en profiter, c'est certain !
Tout d'un coup l'étalon renâcle. Je me retourne vivement et constate que tout est normal. Avec un petit sourire je me retourne à nouveau, aux aguets. Je ne veux pas le déranger ni le blesser dans sa fierté mais j'ai vraiment envie de tout voir en détails... Comme c'est tentant... Je tourne trèèès discrètement la tête et constate que Valinor me tourne le dos. Il a passé sa jambe par dessus l'encolure de Roméo comme je l'avais fait auparavant. Roméo me lance un coup d'oeil interrogateur mais je ne répond pas. Je semble lui dire: "Va-y, fais ce qu'il te chante!" Et ce qu'il veut en l'occurrence c'est s'amuser! Je reconnais là mon bon vieux Roméo! Rapidement et sans laisser le temps à Valinor de descendre voilà qu'il plie les antérieurs. Le farceurs a décidé de se coucher sans se soucier de son cavalier. Alors je m'approche et regarde le spectacle avec attention.
Valinor se penche dangereusement en avant pour se raccrocher à l'encolure de Roméo, mauvaise idée... Encore un accoup et Valinor sera par terre, les quatre fers en l'air! Et Roméo ne se fait pas prier. Il arrive sur la sol dans un énorme fracas et je vois mon nouvel ami faire un beau vol plané. Le fou rire me guette mais je préfère me retenir avant de voir comment le jeune homme l'a prit.
Quand il se redresse enfin, ses cheveux sont en bataille et il est couvert de poussière. Il affiche un charmant sourire un peu gêné qui finit par me décider. J'éclate de rire tout simplement et Roméo se joint à moi en se roulant gaiement sur le sol.
- Vas-y, marre-toi. Ton ami m’a joué un sale tour, sur ce coup-là.
Pliée en deux, je vois qu'il se met à rire à son tour. Nous rions ainsi un bon moment avant de pouvoir nous arrêter. Valinor se lève alors et, maladroitement, enlève la saleté de son vêtement. D'un voix calme il m'ordonne:
- Suis-moi.
Je reviens vers Roméo et je le fais se relever. Lui-aussi est tout sale et je préfère marcher! Sidka et Dinaï se rapprochent de leur ami et ensemble nous nous mettons en marche vers je ne sais où.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Dim 24 Mar - 12:59

Une légère brise souffle dans le dos de la petite troupe, et nous profitons tous de cet air pur et frais qui nous fait le plus grand bien après notre course folle. Sidka et Denaï restent devant moi, trottinant pour arriver plus vite au point d’eau. Kinaï vole au-dessus de nous et parfois, se permet un croassement rauque histoire de nous rappeler qu’il est là lui aussi.

Ce corbeau est réellement particulier. Il sait se faire comprendre de n’importe quelle espèce. Je l’ai même déjà surpris en pleine chasse, et sa proie était un chat ! Pourtant, tout le monde sait que ces oiseaux sont des charognards. Mais lui, c’est un petit rebelle. Jamais dans les rangs, toujours en train de faire le contraire de ce que la Nature attend de lui. La preuve, il s’est lié à un humain et à des loups.

Quand on y pense, nous sommes probablement tous les quatre des exceptions à nos espèces. Il suffit de nous voir. Un humain qui donnerait sa vie pour des prédateurs aussi sauvages et indomptables que des loups ; Un corbeau qui chasse et parfois même avec deux des ancêtres de nos chiens domestiques ; Deux loups prêts à combattre et à donner corps et âme pour protéger un humain, leur pire ennemi et leur plus féroce prédateur.

Probablement devrions-nous être vus comme des bêtes de foire, de ce point de vue… Mais nous sommes là, tous bien vivants et libres de nos droits, arpentant une vallée désolée en compagnie d’une jeune fille et d’un étalon. Cette jeune fille qui, soit dit en passant, est aussi anormale que nous, en fait. Du coin de l’œil je l’observe, elle semble réellement proche de son grand cheval alezan. Tous deux sont extrêmement proches l’un de l’autre, dans tous les sens du terme. Elle avance avec lu dans un contact permanent, collée à son épaule. Je l’entends chuchoter mais malgré mon ouïe fine, je me refuse à écouter. Ce qu’ils se disent ne me concerne pas et si elle souhaite m’en faire part, elle haussera le ton.

Après un moment, toutes les oreilles se dressent. Le son de la cascade nous parvient en écho, nous sommes proches de notre objectif. Bientôt, dans un futur très proche désormais, nous aurons tous la possibilité de nous désaltérer à loisir. Mes muscles frémissent, Roméo piaffe, les loups s’impatientent.

Alors, pour faire durer jusqu’au bout le plaisir de notre rencontre, je m’arrête à la lisière de la forêt. Je me tourne vers Aelys, Sidka et Denaï me lancent des regards courroucés. Ils veulent y aller tout de suite. Je leur fais signe de se calmer et d’être encore quelque peu patients. Ils cessent leurs plaintes et je lance un sourire à la jeune fille.

- As-tu un bon sens de l’orientation ?

Je ne lui laisse pas le temps de répondre. Je connais déjà la réponse à ma question. Et puis si je me trompais, j’ai toute confiance en Roméo qui, désireux de se désaltérer, saura naturellement trouver le point d’eau.

- Faisons une course. Les premiers arrives à la cascade.

Ni une ni deux, je pars dans une course folle avec mes deux loups. Si l’escapade montée m’a épuisé, la petite marche qui s’en est suivi ma rendu toutes mes forces et la soif guide mes pas. Mes loups aboient de frénésie et nous entrons tous trois sous le couvert des arbres pour disparaître aussi de la vue de la jeune fille. Elle saura se débrouiller, je n’en doute pas. Et au pire des cas, je sais que Kinaï veille sur elle, il ne nous a pas suivi dans notre départ. Je crois qu’il apprécie la jeune fille.


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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Dim 24 Mar - 13:27

[ Roméo est alezan Razz ]

Durant le voyage je ne m'occupe plus trop de Valinor. Je n'ai rien à lui dire et lui non plus. Je ne fais que le suivre en silence. Enfin pas vraiment en silence car je ne peux pas vraiment m'empêcher de parler... Alors je converse avec Roméo. Bien qu'il ne comprenne pas le fond des paroles que je lui murmure il m'écoute avec un respect tout particulier. Ses yeux intelligents me fixent. "Je ne comprend rien à ce que tu racontes, mais ce n'est pas grave parce que je t'aime." Après tout c'est tout ce que j'attend de lui. Qu'il m'aime, qu'il me suive, qu'il croit en moi comme je crois en lui. Jamais encore il ne m'a déçu. Roméo,un cheval, une proie. Rien que le fait qu'il supporte les deux loups me remplit de fierté. Si je n'étais pas là sûrement ce serait-il déjà enfui. Mon étalon n'est pas du genre à se laisser faire mais on ne peut pas renier ses origines, l'instinct est toujours le plus fort. Sa confiance est la plus belle chose que je possède. Je l'entretiens et je la renforce comme si ma vie en dépendait. Sa vie à lui dépend de moi.
Je lui parle de tout et de rien, de Valinor, des loups mais aussi d'Anthor Per quand je rentrerais au Donjo. Je lui dis aussi combien il me rend heureuse. Mais que je lui parle de la pluie ou du beau temps son attention est la même. Tout simplement nous nous parlons.
D'ailleurs il y en a un autre qui m'écoute, Kinaï me fixe à ma droite. Discrètement. Dès que je tourne la tête vers lui, il disparaît comme par magie. Le timide prédateur s'éclipse mais revient toujours. Je le surveille du coin de l'oeil.
Roméo dresse soudain les oreilles. J'écoute. J'entend le bruit léger d'une cascade! Nous ne sommes plus très loin. Comme j'ai hâte d'y être car pour être honnête j'ai soif moi aussi. Cette marche m'a plus fatiguée que la course sur Roméo, mais le fait est là. J'espère être rapidement à cette cascade que j'entend maintenant distinctement. Les loups se mettent à gémir, ils y sont déjà allés c'est certain.
- As-tu un bon sens de l’orientation ?
Un petit sourire s'affiche sur mon visage. Mon sens de l'observation ? Je l'estime... normal! Mais comme je n'ai nullement fait attention aux chemins que nous empruntions un peu plus tôt je risque de me perdre. Je ne pourrais me fier qu'à mon oreille ou bien à Roméo, qui a vraiment soif.
- Faisons une course. Les premiers arrives à la cascade.
Me voilà dans de beaux draps. Les jappements et cris de toute la bande couvrent le bruit de l'eau: je n'ai plus aucune ressource pour me guider à travers cette forêt. J'imagine que j'ai le droit de tricher... D'un bond, je suis sur l'étalon. Comme ça j'irais plus vite.
J'avance un peu, un chemin à gauche, un chemin à droite. Bon. Sur un coup de tête je lance Roméo vers la droite quand quelque chose devant lui le fait soudain piler.
Kinaï!
Montre moi le chemin. J'ai confiance en toi. Je te suivrais, allez vole!

Je suis l'oiseau et ses croassements qui me guide entre les arbres. Je n'ai même pas besoin de diriger Roméo. Bientôt le bruit de la cascade est aussi fort que le tonnerre dans la nuit. L'eau nous apparaît, gigantesque, s'élevant jusque dans le ciel comme si elle touchait les nuages. Les reflets du soleil la font briller de milles feux. J'ai l'impression de voir couler de l'argent. En bas une petite tâche noire est penchée sur le sol. Valinor vient d'arriver devant nous, il a gagné.


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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Dim 24 Mar - 19:25

Les loups et moi arrivons enfin. Après avoir filé entre les arbres, je n’ai pas pris garde aux chemins que les trois acolytes pourraient emprunter. Connaissant par cœur la forêt, je ne me serais jamais perdu et par habitude, je n’ai pas songé qu’elle pourrait facilement se perdre en tant que « fille de la ville ». Pourtant elle arrivait bientôt à nous, guidée par ce sacripant de Kinaï qui avait abandonné ses amis pour rester aux côtés d’une demoiselle. Je me demandais parfois si ce corbeau n’avait pas l’âme d’un galant homme…

Sidka et Denaï ne cessaient de courir dans l’eau et d’éclabousser quiconque s’approchait du petit lac au pied de la cascade. Me redressant en m’essuyant la bouche d’un revers de manche, je me délectais de la vue sur les immenses chutes qui se dressaient devant moi. Nul doute que je venais de mener cette jeune fille dans le plus bel endroit que la forêt protégeait grâce à ses lourds feuillages verts. J’aimais ce lieu pour son calme et pour son apparence sauvage, mais aussi et surtout parce qu’aucun humain à ce jour n’était parvenu jusqu’à elle. Elle était restée et je l’espérais, resterait toujours cet endroit magique caché de tous, où mes amis et mois pouvions prendre un temps infini pour rester seuls et réfléchir, loin de la civilisation.

J’entendis enfin le croassement rauque de Kinaï qui vint rapidement se poser sur mon avant-bras que je levais à son intention, et m’attaquait farouchement la joue pour me faire comprendre son indignation quant au jeu stupide que j’avais entrepris sans l’accord d’Aelys. Je levais alors vers elle, qui descendait prudemment jusqu’à nous aux côtés de Roméo, un regard gêné et plein de regrets. Peut-être avais-je surestimé légèrement son envie de s’amuser, et peut-être étais-je allé trop loin dans mon désir de lui faire découvrir ce qu’était pour moi, la vraie vie.

Qu’importait finalement ! Le mal était fait et qu’elle l’ait bien prit ou pas, le moment était passé. Le soleil déclinait lentement derrière les arbres et très bientôt, le moment serait venu de nous séparer. Mes loups continueraient à jouer dans l’eau encore un certain temps mais pour ma part, l’heure se présentait aux au revoir. J’avais beaucoup aimé cette journée et espérait de tout mon cœur que nos chemins se recroiseraient un jour mais au fond de moi, cet espoir était une véritable certitude.

Finalement elle atteignit le lac et Roméo se précipita vers l’eau pour y boire de grandes gorgées, suivi d’Aelys qui ne se priva pas non plus des dons de Mère Nature. Satisfait, je les regardais profiter de ces derniers instants que nous passions ensemble, bientôt nous devrions nous quitter.


Dernière édition par Valinor le Lun 25 Mar - 18:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Sam 22 Juin - 21:01

Rooooooooh, :se tape la tête contre les murs:
J'étais persuadée que c'est moi qui avais répondu en dernier. Ca fait je ne sais pas combien de temps que j'attend ta réponse alors que c'est moi qui doit le faire.
:cours se pendre: 

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Dim 23 Juin - 15:21

Les loups jouent dans l'eau, devant moi. La vue est superbe et je suis entourée d'animaux. Que demander de plus ? Je m'assois dans l'herbe après avoir bu et m'allonge au soleil. Bien vite, je sens la chaleur se propager sur mon visage puis sur tout mon corps. Je n'ai plus du tout l'impression d'être fatiguée. 
A ma gauche, Roméo s'amuse lui-aussi. Il alterne pause déjeuner et course dans les hautes herbes, ne sachant plus où donner de la tête. Son bonheur, contagieux, me fait sourire. Je voudrais que ce moment dure une éternité. Malheureusement, très bientôt, je devrai rentrer au Donjo et continuer ma vie d'Armure. Comme si tout ça ne s'était jamais passé, comme si je n'avais jamais rencontré Valinor et découvert la forêt. Car si j'y pense trop, je serais triste et surtout distraite lors des entraînements. 
Soudain, je ne souris plus du tout. Pourquoi les bons moments ont-ils toujours une fin ? Eh bien, puisque c'est comme ça, autant en profiter à fond! 


Je me lève discrètement, Valinor a les yeux fermés, et m'avance vers l'eau. Je me penche, et, aussi vite que je le peux, je lui lance une immense gerbe d'eau. Puis je m'enfuis vers Roméo et me cache derrière sa grande masse. Les loups mécontents se mettent à geindre devant leur ami, trempé jusqu'au os. Je me baisse sous le ventre du cheval et je l'aperçois. Toujours allongé, il ressemble à une statue datant de l'époque des Anciens. La bouche grande ouverte et les yeux fermés, il ne bouge pas. 


Pendant un instant, je me demande s'il va m'en vouloir. Puis le voyant se redresser et s'approcher, je lis sur son visage plus d'amusement que de colère... Je colle mon visage sur le poitrail de Roméo et j'attend, les yeux clos. J'entend ses pas qui s'approchent, je ne bouge toujours pas. Puis le silence. Je l'imagine devant moi, se demandant ce qu'il doit faire. J'imagine aussi les deux grands prédateurs autour de lui me fixant d'un sale oeil. On peut la croquer?

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Mar 17 Sep - 11:34

Le temps est doux, le soleil tarde à laisser sa place à l'astre de nuit. Il semble désireux de nous réchauffer encore, malgré l'heure qui avance et le temps qui file. Allongée près de moi, Aelys semble prendre du bon temps. Concentré sur mon environnement, je perçois sa lente respiration à mes côtés, elle est apaisée. Je me prends à espérer qu'elle a apprécié notre rencontre, parce que c'est mon cas. Moi qui déteste mes semblables, je ne peux nier que j'ai beaucoup aimé les rencontrer par hasard. Elle, et son cheval qui semble avoir un esprit magnifique.

Fermant les yeux dans un soupir d'apaisement, je croise mes bras derrière ma tête et respire l'air frais du jour couchant. Les oiseaux vivent, virevoltent et dansent partout autour de nous, et j'aime percevoir les vibrations de l'air dès qu'ils passent près de la cascade. Et je me laisse emporter par les chants de la Nature, et je m'évade loin de la terre, loin de la réalité.

Quand brusquement, l'eau glacée vient frapper ma peau. Je me redresse vivement pour comprendre ce qui vient de se passer, et Aelys à disparu. Dans un réflexe, je cherche Roméo, puis mes compagnons de route. Tous le monde est là, je n'ai pas à m'inquiéter. Et rapidement, je découvre la jeune fille, camouflée derrière son grand étalon. J'ai compris son petit jeu, et je me rallonge un instant. La vengeance est un plat qui se mange froid. Mais, pas trop. Je souris en silence tandis que les loups gémissent autour de moi. Ils lui en veulent, mais je ne suis pas rancunnier. Bien vite ils comprennent mes sentiments et le silence se fait. Même si je sais que leurs regards ne quittent pas Aelys.

Finalement, prenant mon mal en patience, je me lève et me dirige vers elle. J'ai un plan, et les loups ont compris. Chacun prend place, sans quitter la jeune fille des yeux, et leurs regards de flamme la fusillent sans pitié. Sécurisée contre la chaleur du corps de son étalon, je la vois fermer les yeux. Elle n'a pas peur, et je la découvre sous un jour nouveau. Elle est belle. Si je n'ai jamais été intéressé par mes semblables auparavant, je la trouve belle, elle. Au bon moment, je cesse le son de mes pas dans sa direction. Je me stoppe un instant et détaille la jeune fille. Elle attend sa sentence, et pourtant rien ne vient. Mais pour autant, elle n'ouvre pas les yeux. Aime-t-elle les surprises? Aime-t-elle voir les choses venir sans les avoir attendues?

J'ai envie, soudainement, d'essayer une chose que je n'ai jamais faite. Mais je m'abstiens. Embrasser une parfaite inconnue n'est pas convenable, et en bon asocial que je suis, je connais tout de même les codes de la civilisation. Alors, je fais un pas de plus, silencieux comme la mort, et je me rapproche d'elle, aussi près que possible. Je souris, elle est appuyée contre son cheval. Roméo me lance un regard protecteur, mais en même temps, je sens qu'il est prêt à jouer, lui aussi. Alors je souris une nouvelle fois et je passe mes bras autour d'elle sans même la frôler, je me prépare.

Et soudainement, Sidka et Denaï arrivent en galopant et jappent d'excitation comme durant une partie de chasse; Roméo hénit -je trouve qu'il est un excelent comédien- et il rue brutalement, faisant basculer sa compagne en arrière. Tandis que la surprise et l'incompréhension se lisent clairement sur son visage lorsqu'elle ouvre des yeux paniqués en tombant, je lance mes bras et la rattrape de justesse avant que son corps ne touche le sol. Probablement dans un réflexe, elle s'accroche à mon cou et je souris de plus belle, je tiens ma vengeance. Je l'aide à se redresser tandis que nos amis se rapprochent l'air de rien.

- Méfies-toi de l'eau qui dort, Aelys. Un gars comme moi ne se laisse pas arroser sans faire valoir ses capacités.

Et alors qu'elle semble chercher à comprendre le sens de mes paroles, je la serre contre moi et l'emporte dans mes bras. En quelques enjambées je rejoinds le cours d'eau, où je la lâche sans ménagement dans les eaux froides de la cascade. Et je ris, alors que je ne l'ai jamais fais avec d'autres, je ris devant elle, avec elle, pour elle. Et en riant, tandis qu'elle se redresse et me regarde, je me rends compte que depuis le début de la journée, elle n'a presque pas parlé. En asocial que je suis, je me suis montré plus bavard qu'une pie, alors que je ne la connais pas. Je m'en veux, mais qu'à moitié, et je ne parviens pas à regretter ce changement de mon attitude habituelle. Elle est amusante, elle sait voir, entendre et sentir. Elle est quelqu'un de bien, et je l'apprécie.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'enfance Dim 27 Oct - 21:25

C'était comme si le temps s'était figé. Tout me parut une éternité, et tout me parut lointain et indistinct. J'entendis vaguement les pas de Valinor dans l'herbe fraîche et l'halètement de ses compagnons. Sans m'en rendre compte, je frissonnais. Non de froid ou même de peur, mais d'excitation. Et pourtant, j'étais tout simplement incapable d'ouvrir les yeux. Je me sentais tout de même assez bête, imaginant la scène dans ma tête. A cet instant précis, et selon mes calculs, il devrait être juste devant moi. C'était le silence. Peut-être réfléchissait-il à la sentence? Puis doucement, je sentis son souffle sur mon visage. Comme il était près! Et malgré cette proximité, je ne le sentais pas. Un court instant, je crus que Roméo avait tressailli. Puis, plus rien. Qu'attendait-il? Que je défaille, m'évanouisse ou n'en puisse plus et ouvrir les yeux? Mes jambes me semblaient du coton, et j'aurais bien échangé les places mais c'était bien moi qui était au centre de toutes les attentions, à mon grand désespoir. Quelle idée avais-je eu de mettre dans une situation pareille? Moi qui détestait attirer les regards et être jugé. Finalement, peut-être que j'avais peur... Peur de ce que Valinor pensait de moi, alors qu'il m'avait sous les yeux aussi près et aussi vulnérable.

Sa respiration s'était un peu accélérée le temps de quelques secondes. Je mourais d'envie de savoir ce qu'il faisait ou ce qui lui trottait dans la tête. Où étaient les loups à présent? Je m'imaginais les pires scénarios. L'immobilité était insoutenable mais finalement de grands cris changèrent complètement l'atmosphère. C'était Sidka  et Denaï qui jappaient de ... joie? Et voilà que Roméo s'y mit aussi. Il hennit très bruyamment. Puis, brusquement, je me sentis basculée en arrière. Aussitôt mes yeux se rouvrirent en grand. Je vis le ciel, les nuages, les arbres. Mais cela m'importait peu. Bientôt j'allais sentir l'herbe, et là cela sera moins drôle. Ma bouche s'ouvrit pour un petit cri, mais rien ne sortit. Mes pieds dérapèrent un peu sur le sol humide quand je sentis deux puissantes mains me rattraper. Je tendis violemment les miennes en avant et m'accrochait au cou de mon sauveur, qui était également l'auteur de la farce. Je serrais cette attache aussi fort que me le permettaient mes faibles appuis. Je repris mon souffle en expirant lentement. Mes vêtements me collaient à la peau et ma tête me tournait. J'étais débout, remise sur pieds par Valinor qui affichait un petit sourire en coin.
- Méfies-toi de l'eau qui dort, Aelys. Un gars comme moi ne se laisse pas arroser sans faire valoir ses capacités.
Voilà qui, en effet, me servira de leçon. Mon propre cheval se retourner contre moi en plus! Voilà qui était vexant. Je ne manquerai pas de m'expliquer avec l'intéressé.

Alors que je croyais le tour de Valinor fini, il me reprit rapidement dans ses bras et me souleva. Mes pieds quittèrent le sol dans un bruit de succion et je me retrouvais trop en hauteur à ma goût. Cependant, c'était encore préférable à ce qui m'attendait après. Il me jeta à l'eau comme un vulgaire... Un vulgaire quoi je ne sais pas! En tout cas, tout cela fut fait en un tour de main. L'eau m'enveloppa comme dans une bulle et j'eus très froid. Puis mon corps remonta à la surface et j'ouvris aussi vite que je le pus ma bouche pour prendre une goulée d'air. Je n'étais pas loin du bord que je rejoignis à la hâte pour reprendre mes esprits. Valinor était en pleine crise de fou rire, ce qui était fort contagieux. Malgré l'eau qui m'arrivait jusqu'à la poitrine, les vêtements collés le long de mon corps et le froid horrible qui enrayait tous mes muscles, je me mis à rire à mon tour. Valinor, encore mouillé lui-aussi, bien qu'il n'en soit pas à mon stade, avait ses yeux bleus rieurs. Ses cheveux s'agitaient au rythme de ses éclats de rire et il me regardait en me pointant du doigt. Quand, enfin je réussis à me calmer, Valinor s'arrêta aussi. Je sortis de l'eau de la cascade et m'avança vers lui. Les bras enroulés autour de mes épaules et les cheveux dégoulinants je lui souris.
- Tes blagues sont plus sévères que les miennes, lui lançai-je gentiment.
Puis j'ajoutai:
- Mais je l'avais mérité, je l'avoue.

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